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Indépendants : préparez votre retraite avec le PER individuel

# Épargne

Santé mentale : ne plus faire face seul

# Santé

Retraite des mères :
ce qui change… ou pas

# Retraite

Naissance : jusqu’à deux mois de congés indemnisés

# Réglementation

L’action sociale à quoi ça sert ?

# Société

Pair-aidance : la force de ceux qui sont passés par là

# Action sociale

Prévoyance : les atouts du dispositif Madelin

# Prévoyance

Deuil : un soutien quand on ne peut pas s'arrêter

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Indépendants : préparez votre retraite avec le PER individuel

Particulièrement adapté aux indépendants, le plan d’épargne retraite individuel (PERI) vous permet de compléter vos revenus à la retraite à votre rythme, tout en bénéficiant d’une déduction fiscale de vos versements.

Publié le 23 octobre 2026 # Épargne

L'essentiel

  • Accessible et souple, le PERI vous permet d’organiser votre préparation financière à la retraite en toute autonomie.
  • Vous pouvez ajuster vos versements en fonction de vos revenus et choisir le mode de gestion adapté à votre profil.
  • Vos versements peuvent être déduits de vos revenus imposables, dans la limite de votre plafond disponible.

Qu’est-ce qu’un PER individuel et à quoi sert-il ?

Pour un travailleur non salarié (TNS), préparer sa retraite revêt une importance particulière. Plusieurs spécificités de votre statut invitent à anticiper : cotisations financées sans participation d’un employeur, revenus parfois irréguliers, régimes de retraite qui varient selon les professions… Autant de facteurs qui peuvent influer sur vos droits acquis et sur le montant de votre future pension. Épargner suffisamment tôt permet de mieux préparer cette transition et de préserver autant que possible votre niveau de vie à la retraite.

Le plan d’épargne retraite individuel (PERI) a été conçu dans cette perspective. Accessible à toute personne majeure, quel que soit son statut (salarié, artisan, commerçant, profession libérale, micro-entrepreneur…), il peut être ouvert à titre personnel auprès de l’organisme de votre choix.

Son principe est simple : les versements effectués au cours de votre vie active sont investis afin de constituer progressivement une épargne destinée à compléter vos ressources futures. Le moment venu, celle-ci pourra être restituée sous forme de capital, de rente ou d’une combinaison des deux. Un dispositif qui prend tout son sens pour les indépendants, en leur permettant d’organiser leur épargne retraite à leur rythme, au fil de leur parcours professionnel.

Comment alimenter un PER individuel ?

Outre son accessibilité, l’un des principaux atouts du PERI réside dans sa souplesse. Vous pouvez ainsi choisir de l’alimenter par des versements ponctuels ou de programmer des versements réguliers. Vous définissez librement le montant et la fréquence de vos versements, en fonction de vos revenus, de vos charges ou de vos projets.

Cette liberté vous permet d’adapter votre effort d’épargne aux fluctuations de votre activité. Vous pouvez privilégier des versements réguliers — même modestes — lorsque votre trésorerie s’y prête, les augmenter après une année favorable ou, à l’inverse, les réduire ou les suspendre à tout moment.

Au-delà de ces versements volontaires, le PERI peut également recevoir une épargne retraite déjà constituée. Si vous détenez notamment un ancien contrat retraite Madelin (voir encadré ci-dessous) ou des droits issus d’un ancien dispositif d’entreprise (ou pourquoi pas un PERO ou un PERCOL si vous avez déjà été salarié), vous pouvez, sous certaines conditions, transférer les sommes accumulées vers votre PER individuel. Cette opération permet de regrouper votre épargne retraite au sein d’un même plan, ce qui en facilite le suivi et la gestion.

À savoir : créé en 1994 à destination des TNS, le contrat retraite Madelin n’est plus commercialisé depuis le 1er octobre 2020. Si vous en détenez déjà un, vous pouvez le conserver et continuer à l’alimenter, ou transférer votre épargne vers un PER individuel.

Avant toute décision, il est toutefois recommandé d’examiner les caractéristiques de votre ancien contrat (frais, garanties, conditions de sortie…) afin de vous assurer que ce transfert correspond bien à vos objectifs.

Comment votre épargne est-elle investie ?

Les sommes versées sur votre PERI sont placées sur différents supports financiers (fonds en euros, actions, obligations, ETF(1), supports immobiliers…). Cette diversification permet de répartir les risques et de tirer parti, sur le long terme, des perspectives de rendement propres à chaque type de placement.

Sur la durée, les sommes placées sont par ailleurs susceptibles de générer des gains qui, réinvestis, peuvent en produire à leur tour : c’est le principe des intérêts composés. Le temps constitue ainsi un allié important pour faire fructifier votre capital retraite.

Dans tous les PER, une gestion pilotée à horizon est proposée par défaut. La répartition de vos investissements évolue alors automatiquement en fonction de votre sensibilité au risque et de votre horizon de retraite : lorsque l’échéance est encore lointaine, une part plus importante est allouée à des supports dynamiques ; à mesure que la retraite approche, l’épargne est progressivement orientée vers des supports moins risqués. Vous pouvez également opter pour d’autres modes de gestion, comme la gestion libre.

Quel est le régime fiscal du PER individuel ?

Le PERI bénéficie d’un cadre fiscal qui présente un intérêt particulier pour les TNS : avant 70 ans, vos versements volontaires peuvent être déduits de vos revenus imposables, dans certaines limites. Plus votre tranche marginale d’imposition est élevée, plus l’économie d’impôt peut être importante.

Si vous êtes imposé au régime réel, vous pouvez déduire vos versements de votre revenu professionnel, dans la limite d’un plafond spécifique aux indépendants. Celui-ci correspond au montant le plus élevé entre 10 % du plafond annuel de la Sécurité sociale (Pass) et 10 % de votre revenu professionnel, retenu dans la limite de huit Pass, auxquels s’ajoutent 15 % de la fraction de ce revenu comprise entre un et huit Pass.

Exemple : Vous êtes artisan en entreprise individuelle, imposé au régime réel, et votre bénéfice professionnel imposable s’élève à 60 000 € en 2026. Avec un Pass fixé à 48 060 € pour l'année 2026, votre plafond de déduction atteint 7 791 € (10 % de 60 000 €, auxquels s’ajoutent 15 % de la fraction comprise entre 48 060 € et 60 000 €, soit 1 791 €). Si votre tranche marginale d’imposition est de 30 % et que vous versez 5 000 € sur votre PERI, votre économie d’impôt peut atteindre 1 500 €.

Si vous relevez du régime de la micro-entreprise, vos versements ne peuvent pas être déduits au titre de vos charges professionnelles, mais ils peuvent l’être de votre revenu global. Votre plafond annuel de base correspond à 10 % de votre revenu professionnel imposable de l’année précédente (après abattement forfaitaire), avec un minimum de 4 710 € et un maximum de 37 680 € pour les versements effectués en 2026. Votre plafond disponible, qui tient compte d’éventuels plafonds non utilisés, est indiqué sur votre avis d’imposition.

Exemple : Vous exercez une activité de conseil en tant que micro-entrepreneur et avez déclaré 60 000 € de recettes en 2025. Après l’abattement forfaitaire de 34 % applicable aux micro-BNC, votre revenu professionnel imposable s’élève à 39 600 €. 10 % de ce montant étant inférieur au minimum prévu, votre plafond annuel de base pour 2026 est de 4 710 €.

Vous pouvez également choisir de ne pas déduire fiscalement vos versements volontaires. Cette option peut notamment présenter un intérêt si vous êtes peu ou pas imposé. Lors d’une sortie en capital, les sommes versées et non déduites à l’entrée seront alors exonérées d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Seuls les gains seront imposés selon les règles en vigueur.

Peut-on débloquer son épargne avant la retraite ?

Le PERI est conçu comme une solution d’épargne de long terme : les sommes versées sont en principe bloquées jusqu’au départ à la retraite. Toutefois, la réglementation prévoit plusieurs situations permettant un déblocage anticipé, notamment :

  • l’acquisition de la résidence principale (hors droits éventuellement issus de versements obligatoires transférés) ;
  • l’invalidité du titulaire, de ses enfants, de son conjoint ou de son partenaire de Pacs ;
  • le décès du conjoint ou du partenaire de Pacs ;
  • la cessation de l’activité non salariée à la suite d’un jugement de liquidation judiciaire ;
  • l’expiration des droits à l’assurance chômage ;
  • une situation de surendettement.

À savoir : Depuis le 14 juin 2026, la loi a ajouté un nouveau cas de déblocage anticipé : l’affection grave, le handicap ou un accident d’une particulière gravité d’un enfant à charge. 

Comment percevoir son épargne à la retraite ?

À compter de la liquidation de votre pension auprès de votre régime obligatoire d’assurance vieillesse ou dès que vous avez atteint l’âge légal de départ à la retraite, vous pouvez demander au gestionnaire de votre PERI le versement de votre épargne, selon les modalités prévues par votre contrat.

L’épargne constituée peut alors être perçue sous différentes formes : soit en capital (en une fois ou de manière fractionnée), soit en rente viagère (revenu régulier versé jusqu’au décès de l’épargnant), soit partiellement en capital et en rente. Votre choix dépendra notamment de vos besoins au moment de la retraite — financer un projet, disposer d’un complément de revenus régulier…

Vous n’êtes toutefois pas tenu de demander immédiatement le versement de votre épargne dès votre départ à la retraite : vous pouvez conserver votre PERI et, sous réserve des règles du contrat, continuer à l’alimenter. Depuis le 1er janvier 2026 néanmoins, les versements effectués à partir de 70 ans ne sont plus déductibles fiscalement.

Signature Retraite, le nouveau PER individuel d’AG2R LA MONDIALE

Pensée pour répondre aux objectifs de chacun, notre nouvelle solution d’épargne retraite propose plusieurs modes de gestion afin de définir une stratégie en cohérence avec votre profil. En gestion libre, vous construisez vous-même votre allocation parmi plus de 60 supports rigoureusement sélectionnés : fonds en euros, unités de compte, ETF(1), supports immobiliers, fonds labellisés ISR(2), Greenfin(3) ou Finansol(4)…

Avec la gestion pilotée par âge, la répartition de vos investissements évolue automatiquement à mesure que la retraite approche. La gestion pilotée à horizon (GPH), proposé par défaut, a évolué depuis la loi Industrie verte de 2023. Désormais, les grilles de GPH doivent favoriser davantage l’investissement de l’épargne retraite dans le financement de l’économie, notamment en y intégrant un actif non coté, tout en maintenant une sécurisation progressive de l’épargne à l’approche de la retraite. Enfin, la gestion évolutive vous permet d’orienter une partie de vos investissements vers des thématiques liées à l’environnement, à la santé, à l’immobilier ou à l’investissement socialement responsable. Ces différentes grilles visent à concilier recherche de performance et maîtrise du risque sur la durée.

Des options de gestion financière permettent également d’adapter plus finement votre stratégie : dynamisation, sécurisation des plus-values ou encore investissement progressif. Quel que soit le mode de gestion choisi, vous pouvez suivre et ajuster votre épargne en toute autonomie depuis votre espace client.

Pour les TNS, Signature Retraite intègre une garantie invalidité par accident incluse dans le contrat. Celui-ci prévoit également une garantie plancher : en cas de décès, celle-ci vise à garantir aux bénéficiaires un capital au moins égal aux versements réalisés sur le contrat. En option, la garantie retraite permet de sécuriser les conditions de calcul de votre future rente viagère.

Enfin, au moment de la retraite, votre conseiller vous accompagne pour choisir la solution de sortie la plus adaptée à votre situation : capital unique ou fractionné, rente viagère ou combinaison des deux.

Bienvenue dans ce parcours de contact commercial

Nous allons vous accompagner dans la définition de votre besoin

Votre demande concerne :

(1) Exchange Traded Fund (ETF) : fonds d’investissement coté en Bourse qui vise à reproduire la performance d’un indice boursier (comme le CAC 40 ou le S&P 500).

(2) Investissement socialement responsable (ISR) : label qui distingue les fonds intégrant des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance dans leur stratégie d’investissement.

(3) Greenfin : label d’État dédié à la finance verte, qui distingue les fonds investissant majoritairement dans des activités contribuant à la transition énergétique et écologique, tout en excluant notamment les énergies fossiles.

(4) Finansol : label qui distingue les produits d’épargne solidaire répondant à des critères de solidarité et de transparence.

Santé mentale : ne plus faire face seul

Solitude, impossibilité de s'arrêter, peu de protection : les enseignements d'un baromètre inédit sur les TPE et PME valent aussi, et peut-être plus encore, pour les indépendants.

Interview de Pascale Soyeux, Membre du comité exécutif du Groupe en charge de la santé-prévoyance et des accords de branches et Angèle Malâtre-Lansac, Déléguée générale de l’Alliance pour la santé mentale

Publié le 23 octobre 2026 # Santé

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Une personne sur cinq est touchée chaque année par des troubles psychiques, et la santé mentale reste pourtant un sujet difficile à aborder au travail. Premier du genre, le baromètre santé mentale des dirigeants et salariés de TPE et PME, produit par AG2R LA MONDIALE en partenariat avec l’Alliance pour la santé mentale et réalisé par Ipsos bva, met en miroir leurs perceptions et révèle des écarts qui interrogent la communication et le ciblage des dispositifs de prévention. Pascale Soyeux, Membre du comité exécutif du Groupe en charge de la santé-prévoyance et des accords de branches, ainsi qu’Angèle Malâtre-Lansac, Déléguée générale de l’Alliance pour la santé mentale, reviennent sur ses enseignements, et sur ce qu'ils disent de la situation des travailleurs indépendants.

Quand on parle de santé mentale, qu'est-ce que cela recouvre ?

Pascale Soyeux : Je me réfère à la définition de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) : “la santé mentale est un état de bien-être qui permet à chacun de réaliser son potentiel, de faire face aux défis quotidiens, de travailler de manière productive et de contribuer à la communauté”. Elle englobe bien plus que l'absence de troubles ou de maladies psychiques. Chez AG2R LA MONDIALE, nous en avons fait un fil rouge, parce que nous intervenons à toutes les étapes de la vie de nos assurés, et que chacune peut peser sur la santé mentale : la naissance d'un enfant, un divorce, un deuil, le passage à la retraite, ou encore le rôle d'aidant, qui représente une charge mentale très forte. L'environnement professionnel joue aussi. Tout cela forme un tout.

Angèle Malâtre-Lansac : Je prends moi aussi toujours cette définition de l’OMS, parce que la santé mentale est un sujet longtemps resté tabou. On ne parle pas ici de la maladie ou des troubles psychiques, même si ces sujets sont liés : les troubles psychiques touchent une personne sur cinq chaque année(1). Mais la santé mentale, c'est comme la santé physique : nous en avons toutes et tous une. Et on ne laisse pas sa santé, physique ou mentale, à la porte de l'entreprise. Quand on a passé la nuit au chevet d'un enfant en situation de handicap et qu'on a une réunion à 8h30, cela a évidemment un impact très direct.

On ne laisse pas sa santé, physique ou mentale, à la porte de l'entreprise.

Pourquoi vous être associés pour réaliser une étude sur la santé mentale ?

Angèle : L'Alliance pour la santé mentale se positionne comme un « think tank » : nous réfléchissons, nous mobilisons, nous sensibilisons et nous documentons ce sujet. Nous portons aussi une charte d'engagement pour la santé mentale au travail, signée aujourd'hui par 230 organisations, dont AG2R LA MONDIALE, qui figure parmi les signataires pionniers. Plus de la moitié de nos signataires sont des TPE et PME. Contrairement aux grands groupes, elles sont souvent démunies, mais elles ont une vraie volonté d'agir. Associer nos expertises nous a semblé naturel et très complémentaire.

Pascale : Mener seuls cet exercice n'aurait pas eu vraiment de sens. L'Alliance pour la santé mentale défend la même vision globale du sujet, et la meilleure preuve, c'est que nous nous référons à la même définition sans nous être concertées. Elle aborde le sujet avec beaucoup de hauteur et de globalité, et avec une réelle volonté d'impact. Elle agit dans l'intérêt général, ce qui rejoint les valeurs d'AG2R LA MONDIALE. En effet, nous sommes un groupe paritaire et mutualiste, nous n’avons pas d’actionnaires à rémunérer. Ce que nous faisons, c’est redistribuer la richesse que nous créons à travers des actions qui créent de la valeur pour la collectivité.

Quelle est la spécificité de ce baromètre ?

Angèle : Il en a deux. La première est de s'intéresser spécifiquement aux TPE et PME. On a souvent une vision centrée sur les grands groupes, avec des dispositifs impossibles à déployer dans une petite structure. La seconde est l'effet miroir entre salariés et dirigeants : comparer leurs perceptions, ce qui n'avait jamais été fait.

Pascale : Dans une TPE de trois personnes, le patron est à la fois DRH et comptable : il ne peut pas tout faire. Il est important de s'intéresser à ces entreprises, qui composent l'essentiel du tissu économique en France. Elles représentent 99 % de celui-ci.

Quelles grandes tendances ressortent de cette étude ?

Pascale : Trois éléments m'ont frappée. D'abord, 86 % des dirigeants de TPE et PME se disent en bonne santé mentale, alors que près de 40 % déclarent un stress au moins hebdomadaire : cet état de stress devient presque une normalité. Ensuite, beaucoup de salariés estiment que leur dirigeant n'est pas exposé au stress. Enfin, les salariés trouvent plus facile d'assumer un arrêt de travail pour une raison ordinaire qu'un arrêt lié à la santé mentale. Cela ne devrait pas être tabou, ce qui veut dire que ça le reste. La santé mentale ne doit pas rester une déclaration de grande cause nationale : il faut passer à l'acte, parce que le besoin est réel.

Angèle : Je partage ce constat d'un angle mort sur la santé mentale des dirigeants : ils ne la voient pas alors qu'ils sont très stressés, et ils renoncent à se soigner, à s'arrêter. L'écart de perception entre dirigeants et salariés est également marquant : c'est quasiment du simple au double, les dirigeants ont le sentiment d'en faire deux fois plus que ce que perçoivent les salariés. La question n'est donc pas seulement de savoir quoi faire, mais comment faire en sorte que cela fonctionne vraiment. Enfin, les TPE et PME sont prêtes à agir : 70 % considèrent que c'est un investissement utile. Leur enjeu n'est budgétaire que pour 15 % d'entre elles : il tient surtout au temps et, plus encore, au fait de savoir quoi faire, avec des outils très concrets.

Un décalage de perception entre les dirigeants et les salariés apparaît sur l’utilité de la prévention. Comment mieux adapter les dispositifs à la situation de l'entreprise ?

Pascale : Il faut d'abord les rendre visibles. Beaucoup de choses existent déjà, et nous constatons des difficultés sur les taux d'usage. Si l'information tient dans un dépliant rangé au fond d'un tiroir, on n'y pense plus. Ensuite, l'accès au service doit être facile. Quand on est en situation de détresse et qu'on doit consulter une page internet qui renvoie à un numéro, lequel renvoie à un autre numéro, on perd la personne. On touche ici à l'intime : dire que l'on a besoin d'aide n'a rien de simple. On peut avoir le meilleur service du monde : s'il n'est pas visible ou s'il est difficile d'accès, il ne fonctionnera pas.

On peut avoir le meilleur service du monde : s'il n'est pas visible ou s'il est difficile d'accès, il ne fonctionnera pas.

Angèle : J'ajouterais qu'en prévention, il faut une approche globale. Santé mentale et santé physique sont totalement liées. Le sport, la déconnexion, le sommeil font pleinement partie de la santé mentale : ce sont des leviers de prévention essentiels, qui ne sont pas toujours perçus comme tels.

Peut-on étendre les enseignements de ce baromètre à la situation des travailleurs indépendants ?

Pascale : Pour moi, un dirigeant et un indépendant, c'est la même chose : qu'il ait deux salariés ou qu'il soit seul, il vit le même stress. Les solutions évoquées valent aussi bien pour les indépendants que pour les dirigeants.

Angèle : Je le vois aussi ainsi. Nous ne l'avons pas documenté, mais la solitude, l'isolement, l'impossibilité de s'arrêter sans mettre en danger sa structure, l'absence de ressources dédiées, la médecine du travail étant le plus souvent inexistante, se retrouvent chez les indépendants. Ces difficultés y sont probablement encore plus fortes, pour des travailleurs qui bénéficient de très peu de protection.

Pascale : C'est peut-être même pire. Par essence, un indépendant travaille généralement seul, et le lien social contribue à une bonne santé mentale.

Angèle : D'où l'importance des lieux collectifs, incubateurs ou espaces de coworking, qui se développent beaucoup aujourd'hui, pour créer une dynamique collective et peut-être mutualiser des ressources.

Pascale : La période du confinement l'a montré : même avec des échanges en visioconférence, ce n'est pas la même chose, on a besoin de sentir une présence. Beaucoup d'indépendants pourraient travailler chez eux sans problème, mais préfèrent aller dans des espaces de coworking pour avoir un lien social et échanger plutôt que de rester seuls toute la journée devant leur écran d'ordinateur.

 

(1) Troubles mentaux et représentations de la santé mentale : premiers résultats de l'enquête Santé mentale en population générale | Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques.

Les résultats du baromètre en bref

Des dirigeants qui tiennent mais sous pression
  • 86 % des dirigeants de TPE et PME se disent en bonne santé mentale, mais 64 % vivent des périodes de stress intense au moins de temps en temps, dont 17 % tous les jours ou presque, contre 8 % des salariés.
  • 54 % citent la situation économique comme source de tension, 52 % l'accumulation des délais et des urgences, et 39 % la difficulté à s'appuyer sur quelqu'un quand la pression monte.
  • 56 % ne peuvent pas s'arrêter quelques jours sans conséquences pour leur entreprise, et 42 % ont déjà continué à travailler alors que leur état de santé justifiait un arrêt.
  • 1 salarié sur 2 estime que son dirigeant n'est pas vraiment exposé à des risques pour sa santé mentale, ou ne s'est jamais posé la question.
Une parole encore difficile
  • 41 % des dirigeants disent que leur statut et l'image qu'ils doivent donner les dissuadent de parler de leurs difficultés.
  • 46 % des salariés déclarent avoir eu des problèmes de santé mentale dans l'année. Près de la moitié d'entre eux n'en ont pas parlé au travail, surtout parce que c'est un sujet trop personnel (42 %) ou que cela leur semblait inutile (37 %).
  • 61 % seulement des salariés se sentiraient libres de s'arrêter pour un problème de santé mentale, contre 74 % pour un problème de santé physique.
Un décalage de perception
  • 51 % des dirigeants attribuent d'abord les difficultés psychologiques de leurs salariés à leur vie personnelle, alors que 62 % des salariés concernés les relient au travail.
  • 79 % des dirigeants déclarent avoir mis en place des temps d'échange réguliers, mais seuls 41 % des salariés les identifient. 76 % des dirigeants jugent leurs actions efficaces, contre 55 % des salariés.
  • 15 % seulement des dirigeants citent le coût comme frein, loin derrière le manque de temps (38 %) et le fait de ne pas savoir comment s'y prendre (35 %). 48 % souhaitent un guide pratique avec des outils prêts à l'emploi.

Retrouver l'ensemble des résultats du baromètre.

Baromètre santé mentale des dirigeants et salariés de TPE et PME, réalisé par Ipsos bva pour AG2R LA MONDIALE et l'Alliance pour la santé mentale, auprès de 307 dirigeants de TPE et PME interrogés par téléphone du 1er au 17 juillet 2026 et de 1 000 salariés de TPE et PME interrogés en ligne du 7 au 15 juillet 2026. Les comparaisons entre dirigeants et salariés sont indicatives, les deux enquêtes ayant été menées selon des modes de recueil différents.

Extraits de la conférence sur la santé mentale des dirigeants et salariés de TPE et PME, organisée par AG2R LA MONDIALE et l'Alliance pour la santé mentale, le 9 septembre dernier à Paris.

Les actions d'AG2R LA MONDIALE en faveur de la santé mentale

Désignée Grande cause nationale en 2025, la santé mentale reste en 2026 un enjeu majeur de santé publique, et un enjeu majeur pour les entreprises. En tant qu'acteur majeur de la protection sociale, AG2R LA MONDIALE accompagne les employeurs dans la prévention des risques psychosociaux et met à la disposition des dirigeants et des salariés des solutions d'écoute, de sensibilisation et d'accompagnement. Cet engagement s'inscrit pleinement dans la raison d'être du Groupe : « Tous engagés pour prévenir, protéger, préparer chaque étape de nos vies ».

Un soutien psychologique 24 h/24 et 7 j/7 : un service d'écoute par téléphone, anonyme et confidentiel, assuré par des psychologues diplômés d'État, pour échanger sur des difficultés personnelles ou professionnelles. Un accompagnement dédié peut être proposé aux managers, pour les aider à faire face aux difficultés propres à leur rôle.

Mon Pack Bilan Santé : un bilan en ligne des habitudes de vie, complété par une séance de coaching santé avec un professionnel, pour identifier des pistes d'amélioration adaptées à chaque situation.

Pour aller plus loin : le Groupe propose aussi un accompagnement psychologique et administratif face au deuil, ainsi qu'un webinaire consacré au burn-out, ses signes, ses causes et sa prévention. Il soutient enfin le film d'animation « Signaux faibles », diffusé lors d'un tour de France de sensibilisation à la santé mentale en entreprise organisé de septembre à décembre 2026 par Les entreprises pour la Cité.

Nouveau : un guide pratique avec l'Alliance pour la santé mentale.

À partir de l'automne 2026, AG2R LA MONDIALE et l'Alliance pour la santé mentale réunissent des dirigeants de TPE et PME au sein de groupes de travail pour co-construire un guide pratique, doté d'outils directement mobilisables. Il répond à la première attente exprimée par les dirigeants interrogés dans le baromètre (48 %). Sa parution est prévue en mars 2027.

En savoir plus : Santé mentale : comprendre les enjeux et bénéficier d’un accompagnement adapté

En bref

Octobre Rose : un geste de prévention aujourd’hui, une protection pour demain

# Santé

Publié le 23 octobre 2026

Chaque année, plus de 61 000 femmes sont diagnostiquées d’un cancer du sein en France. Le dépistage précoce reste l’un des moyens les plus efficaces pour améliorer les chances de guérison. Cependant, le taux de participation au dépistage en France reste insuffisant : moins de 60 % des femme y a recours. Il est donc plus que jamais essentiel d’informer, de sensibiliser et de faciliter l’accès au dépistage pour permettre à chaque femme de prendre les mesures nécessaires pour sa santé.

Parce que l’information et la prévention jouent un rôle essentiel, AG2R LA MONDIALE s’engage aux côtés de ses assurés pour favoriser le dépistage et faciliter l’accès aux solutions d’accompagnement. Prenez connaissances des bons réflexes, adopter les examens recommandés à chaque âge et découvrez des témoignages et les acteurs mobilisés pour vous accompagner.

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Retraite des mères :
ce qui change… ou pas

Depuis le 1er septembre 2026, de nouvelles dispositions améliorent les droits à la retraite des mères de famille. Pour les travailleuses indépendantes, ces mesures s'appliquent en partie, mais leur situation reste structurellement différente de celle des salariées.

Publié le 23 octobre 2026 # Retraite

L'essentiel

  • Les mesures du 1er septembre 2026 s'appliquent aux travailleuses indépendantes relevant du régime général (auto-entrepreneures, micro-entrepreneures). Pour les autres statuts (SSI, CNAVPL), les modalités varient selon le régime.
  • La situation des mères indépendantes reste structurellement différente de celle des salariées : indemnités maternité souvent insuffisantes, retraite complémentaire facultative ou absente, revenus des années de maternité souvent très faibles.
  • Face à ces lacunes, le PER individuel et un contrat de prévoyance adapté constituent les deux leviers complémentaires essentiels pour renforcer sa protection.

Les nouvelles mesures entrées en vigueur le 1er septembre 2026 ont été largement commentées pour ce qu'elles apportent aux mères salariées. Elles méritent d'être examinées avec attention par les travailleuses indépendantes, car elles les concernent aussi, mais selon des modalités qui varient selon le statut et qui, dans tous les cas, ne comblent pas les lacunes structurelles qui caractérisent la protection sociale des indépendantes en matière de retraite. Comprendre précisément ce qui s'applique, et ce qui ne s'applique pas, est indispensable pour anticiper correctement sa situation.

Ce que les nouvelles mesures changent pour les indépendantes

La première mesure modifie le calcul de la pension de retraite de base. Pour les retraites liquidées à compter du 1er septembre 2026, ce calcul s'effectuera sur les 24 meilleures années de carrière pour les mères ayant des majorations de trimestres au titre d'un enfant, et sur les 23 meilleures années à partir de deux enfants, contre 25 jusqu'ici. Cette mesure concerne les travailleuses indépendantes relevant du régime général, principalement les auto-entrepreneures et les micro-entrepreneures dont l'activité est affiliée à ce régime. Pour elles, les années marquées par une interruption d'activité liée à la maternité, ou par des revenus particulièrement bas, pourront sortir du calcul, ce qui améliore mécaniquement le salaire annuel moyen de référence et donc le montant de la pension.

La deuxième mesure concerne le dispositif de retraite anticipée pour carrière longue et cible spécifiquement les mères. À compter du 1er septembre 2026, jusqu’à deux trimestres supplémentaires accordés au titre des enfants (appelés majorations de durée d’assurance ou trimestres MDA) pourront être retenus comme des périodes réputées cotisées. Pour les travailleuses indépendantes affiliées au régime général ayant commencé leur activité tôt, cette disposition peut ouvrir un accès à la retraite anticipée qui n'était pas envisageable auparavant. Et puisque la retraite complémentaire est versée sans abattement dès l’obtention de la retraite de base à taux plein, elle pourra également être perçue plus tôt, même si son montant, calculé sur les droits acquis tout au long de la carrière, reste inchangé.

Ce que ces mesures ne couvrent pas pour les indépendantes

Pour les travailleuses indépendantes relevant de régimes spécifiques, notamment les professions libérales affiliées à la CNAVPL et ses sections professionnelles ou les artisanes et commerçantes relevant de la SSI, l'application de ces mesures est plus nuancée et dépend des règles propres à chaque régime. Il est donc indispensable de vérifier, auprès de sa caisse de retraite spécifique, dans quelle mesure ces nouvelles dispositions s'appliquent à sa situation particulière.

Au-delà de ces nuances techniques, c'est la structure même de la protection sociale des indépendantes qui reste le principal angle mort. Contrairement aux salariées, elles ne bénéficient pas d'un congé maternité intégralement indemnisé par un employeur, et les indemnités journalières versées par la Sécurité sociale pendant l'arrêt maternité restent, pour beaucoup de statuts, notoirement insuffisantes. Ces trimestres de maternité, même s'ils sont mieux pris en compte depuis le 1er septembre 2026, ont souvent correspondu à des périodes de revenus très faibles, voire nuls, ce qui pèse durablement sur le calcul de la pension.

La retraite complémentaire constitue un deuxième angle mort majeur : selon le statut, elle est soit inexistante, soit facultative, soit très faiblement dotée. La mesure sur les meilleures années n’y change rien, même si la mesure sur les carrières longues peut, indirectement, en avancer la date de perception.

Ce qui s’applique selon le statut

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Ce que les indépendantes peuvent faire pour renforcer leur protection

Face à ces lacunes structurelles, la retraite des travailleuses indépendantes ne peut pas reposer uniquement sur les régimes obligatoires. Le plan d'épargne retraite individuel, le PER, permet de se constituer une épargne retraite avec un avantage fiscal significatif sur les versements volontaires. Pour les indépendantes soumises à l'impôt sur le revenu, les sommes versées sont déductibles du revenu imposable dans la limite des plafonds en vigueur. La loi de finances 2026 a par ailleurs étendu de trois à cinq ans la période de report du plafond de déduction fiscale pour les versements volontaires, ce qui offre une plus grande souplesse dans la gestion de l'épargne.

La prévoyance facultative constitue un deuxième levier essentiel. En cas d'arrêt d'activité lié à la maternité, à une maladie ou à une invalidité, les indemnités journalières versées par les régimes obligatoires sont souvent insuffisantes pour maintenir le niveau de revenu d'une indépendante. Souscrire un contrat de prévoyance adapté à son statut et à ses revenus permet de combler cet écart et d'éviter que des périodes d'arrêt ne viennent durablement obérer le calcul de la retraite. Enfin, vérifier régulièrement son relevé de situation individuelle sur le site info-retraite.fr est une démarche simple mais indispensable pour s'assurer que tous les trimestres cotisés sont correctement enregistrés.

Trois réflexes à adopter dès maintenant

  • Vérifier auprès de sa caisse de retraite si les nouvelles mesures du 1er septembre 2026 s'appliquent à son régime.
  • Consulter son relevé de situation individuelle sur info-retraite.fr pour s'assurer que tous ses trimestres sont correctement enregistrés.
  • Évaluer l'opportunité d'un PER individuel et d'un contrat de prévoyance adapté à son statut et à ses revenus.

Une réalité à ne pas sous-estimer

Les nouvelles mesures du 1er septembre 2026 représentent un progrès réel pour les mères de famille, y compris pour une partie des travailleuses indépendantes. Mais elles ne modifient pas en profondeur une réalité que ces dernières connaissent bien : leur retraite dépend de choix effectués tout au long de la carrière, souvent sans le filet de sécurité collectif dont bénéficient les salariées. Les années consacrées à la maternité, à l'éducation des enfants ou à des périodes d'activité réduite ont un coût sur la pension future que les régimes obligatoires ne compensent qu'imparfaitement. C'est une donnée à intégrer tôt dans sa réflexion, et à traiter avec les outils disponibles, plutôt qu'à découvrir au moment du départ.

Naissance : jusqu’à deux mois de congés indemnisés

En vigueur depuis le 1er juillet 2026, le congé supplémentaire de naissance ouvre un droit nouveau aux travailleurs indépendants. Conditions, durée, indemnisation et démarches.

Publié le 23 octobre 2026 # Réglementation

Créé par l'article 99 de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, adoptée définitivement le 16 décembre 2025, le congé supplémentaire de naissance constitue un droit entièrement nouveau pour les travailleurs non-salariés, qui ne disposaient jusqu'alors d'aucun équivalent au congé parental existant dans le secteur privé. Cette extension du dispositif au-delà du seul salariat constitue l'apport principal du texte : le législateur a retenu une logique d'universalité, en ouvrant le même droit aux salariés du secteur privé et public, aux agents contractuels de droit public, aux non-salariés agricoles et aux travailleurs indépendants, tout en aménageant pour chaque régime des modalités d'indemnisation distinctes. Ouvert depuis le 1er juillet 2026, après publication des décrets d'application, il s'adresse à l'ensemble des indépendants : artisans, commerçants, dirigeants de société, professionnels libéraux, praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés, artistes auteurs et conjoints collaborateurs. Il bénéficie à chacun des deux parents, qui peuvent le prendre simultanément ou en alternance, et constitue un droit facultatif qui s'ajoute aux congés existants sans les remplacer.

Ce congé s'ajoute aux congés de maternité, de paternité et d'adoption : il ne les remplace pas.

Conditions d'ouverture, durée et délai de prise

Trois conditions cumulatives doivent être réunies à la date de début du congé. Le travailleur indépendant doit justifier d'au moins six mois d'affiliation à l'Assurance maladie. Il doit avoir préalablement bénéficié de son congé de maternité (d'au moins huit semaines dont six après l'accouchement), de son congé de paternité et d'accueil de l'enfant, d'au moins sept jours, ou de son congé d'adoption. Cette condition ne s’applique pas à l’assuré qui n’a pas pu bénéficier de ce congé indemnisé faute de remplir, à ce moment-là, les conditions d’indemnisation : il peut tout de même déposer une demande, qui sera examinée au regard de sa situation.

Il doit enfin suspendre temporairement son activité professionnelle pendant la durée du congé. Les conjoints collaborateurs doivent en outre se faire remplacer par du personnel salarié, et les praticiens et auxiliaires médicaux être à jour de leurs cotisations. Le dispositif s'applique aux enfants nés ou adoptés à compter du 1er janvier 2026, ainsi qu'aux enfants nés avant cette date mais dont la naissance était initialement prévue à compter du 1er janvier 2026.

Pour les naissances antérieures au 1er juillet 2026, le congé peut être pris jusqu'au 31 mars 2027.

Le congé dure un ou deux mois, au choix du parent, et peut être pris en une seule fois ou fractionné en deux périodes d'un mois. Il doit débuter à la suite du congé de maternité ou, à défaut, dans les neuf mois suivant la naissance ou l'arrivée de l'enfant au foyer. Une règle transitoire s'applique toutefois aux naissances et adoptions antérieures à l'entrée en vigueur du dispositif : pour les enfants nés ou adoptés jusqu'au 30 juin 2026, le délai de neuf mois se décompte à partir du 1er juillet 2026, si bien que le congé peut débuter jusqu'au 31 mars 2027. Ce point mérite l'attention des parents concernés, qui disposent d'une fenêtre de prise plus large qu'il n'y paraît. Le congé peut par ailleurs être prolongé en cas de naissances multiples, d'hospitalisation de l'enfant, d'état pathologique ou de décès de la mère.

Une indemnisation forfaitaire, distincte de celle des salariés

C'est sur ce point que le régime des indépendants se distingue le plus nettement de celui des salariés. Là où le salarié perçoit une indemnité proportionnelle à son salaire, le travailleur indépendant perçoit une indemnité journalière forfaitaire, indépendante du niveau réel de ses revenus d'activité, calculée par référence au plafond annuel de la Sécurité sociale et dégressive entre le premier et le second mois. Cette forfaitisation produit un effet mécanique qu'il convient d'anticiper : pour un indépendant dont les revenus se situent au-dessus de la moyenne, le taux de remplacement réel sera sensiblement inférieur aux taux affichés pour les salariés, ce qui suppose d'anticiper l'impact sur la trésorerie pendant la période de suspension d'activité. La demande se fait en ligne, au plus tôt le premier jour du congé, via le téléservice dédié. Elle doit être accompagnée notamment d’un extrait d’acte de naissance et d’une attestation de suspension temporaire d’activité. L’indemnité est versée à l’issue de chaque mois de congé.

Les montants applicables

L'indemnité journalière forfaitaire s'élève à 46,09 euros pour le premier mois de congé, puis à 39,50 euros pour le second mois. Les travailleurs indépendants dont le revenu annuel moyen est inférieur à 4 582 euros perçoivent une indemnité réduite à 6,58 euros par jour, versée au même montant sur les deux mois. Attention toutefois : l'indemnisation des indépendants est indexée sur le Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS) selon une dégressivité = 70 % puis 60 % d'une fraction d'indemnité calculée sur le PASS, alignée sur le régime des salariés. Les montants nominaux précis peuvent donc varier légèrement au centime près selon l'indexation exacte du PASS de l'année 2026.

Les effets sur vos garanties prévoyance et santé

Le congé supplémentaire de naissance suppose une suspension de l'activité professionnelle, totale ou partielle. Contrairement au salarié, dont les garanties collectives suivent les règles applicables à la suspension du contrat de travail, l'indépendant reste régi par les stipulations de son contrat individuel, souscrit le plus souvent dans un cadre Madelin. Ces stipulations continuent de produire leurs effets pendant toute la durée du congé : les cotisations restent dues selon les termes prévus, et leur interruption peut entraîner une suspension des garanties, avec les conséquences que cela implique si un sinistre survient pendant cette période.

Trois points méritent d'être vérifiés avant de déposer votre demande. Le premier concerne les garanties dont l'indemnisation est assise sur le revenu professionnel, en particulier les indemnités journalières : une période sans revenus d'activité peut affecter le calcul des prestations futures selon la formule retenue au contrat. Le deuxième porte sur les clauses propres à chaque contrat en matière de suspension temporaire d'activité, certains prévoyant des dispositifs de maintien ou de report. Le troisième concerne la déductibilité fiscale des cotisations versées pendant une période sans revenus, qui relève du régime applicable au contrat. Aucune de ces réponses n'étant identique d'un contrat à l'autre, un point avec votre conseiller assureur avant le départ en congé reste le seul moyen de les obtenir avec certitude.

Ce qu'il faut retenir

  • Le congé supplémentaire de naissance est ouvert à tous les travailleurs indépendants depuis le 1er juillet 2026, sous réserve de six mois d'affiliation à l'Assurance maladie et, sauf exception, de la prise préalable de la période minimale du congé de maternité, de paternité ou d’adoption.
  • L'indemnisation, forfaitaire et non proportionnelle au revenu, suppose d'anticiper l'impact sur la trésorerie pendant la suspension d'activité.
  • Les contrats de prévoyance et de santé souscrits à titre individuel ne sont pas suspendus automatiquement : leurs conditions doivent être vérifiées auprès de votre assureur avant le départ en congé.

L’action sociale à quoi ça sert ?

Derrière les contrats, les cotisations, les remboursements, les pensions de retraite, il existe une dimension moins connue d’AG2R LA MONDIALE : son action sociale.

Laetitia Geneste, Directrice de l’action sociale d’AG2R LA MONDIALE

Publié le 23 octobre 2026 # Société

Parce que nos vies et celles de nos proches ne sont pas linéaires et qu’elles sont jalonnées de fragilités, plus ou moins importantes, l’action sociale d’AG2R LA MONDIALE s’attache à épauler celles et ceux qui en ont besoin, pour leur permettre de bien vivre au quotidien et de bien vieillir. Laetitia Geneste, Directrice de l’action sociale d’AG2R LA MONDIALE, explique dans ce podcast en quoi consiste cette mission, comment elle se déploie sur le terrain, au plus près des besoins, et pourquoi elle prend tout son sens au service des retraités et des salariés.

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En quoi l’action sociale constitue-t-elle, selon vous, une expertise spécifique à un groupe de protection sociale ?

Laetitia Geneste : Chez AG2R LA MONDIALE, nous accompagnons nos clients tout au long de leur vie à travers nos trois grands métiers :

  • notre métier d’assureur de personnes, autour de la santé, de la prévoyance, de l’épargne et de l’assurance vie ;
  • notre métier de gestionnaire de la retraite complémentaire Agirc-Arrco ;
  • et notre métier de gestionnaire de résidences services seniors à travers Domitys.

Les partenaires sociaux, qui pilotent les activités paritaires du groupe, la retraite complémentaire et la prévoyance, décident de dédier chaque année un budget très conséquent, de plus de 85 millions d’euros, à l’action sociale. Ce budget nous permet de répondre présents lorsque nos clients et leurs proches, qu’ils soient chefs d’entreprise, indépendants, salariés, actifs ou retraités, vivent une situation de fragilité.

Concrètement, à quel moment de la vie l’action sociale peut-elle intervenir ?

Laetitia : Le groupe AG2R LA MONDIALE peut intervenir à tout moment dans la vie de ses clients à travers son action sociale. Je vais vous donner deux exemples concrets, inspirés de situations réelles. Le premier concerne Sonia et Marc, qui ont deux enfants. Sonia travaille dans une entreprise qui a souscrit auprès d’AG2R LA MONDIALE un contrat de prévoyance collective pour ses salariés. Leur fille, âgée de huit ans, est en situation de handicap. Elle bénéficie d’une aide pour l’accompagner dans sa vie quotidienne. Leur domicile a été aménagé grâce à des financements publics, mais certains équipements restent à leur charge. L’action sociale de notre institution de prévoyance a financé l’acquisition de ces aides techniques, essentielles à l’amélioration de leur quotidien.

Et votre deuxième exemple ?

Laetitia : Le deuxième exemple est celui de Marie. Marie a 78 ans et vit seule chez elle. Elle a effectué toute sa carrière dans la grande distribution, au sein d’une entreprise cliente de l’institution de retraite complémentaire du groupe. C’est donc aujourd’hui AG2R Agirc-Arrco qui lui verse sa pension de retraite complémentaire. Marie a subi une intervention chirurgicale qui a immobilisé l’un de ses bras et qui nécessite maintenant une longue rééducation. Elle ne peut plus faire son ménage ni préparer ses repas toute seule. Son contrat de complémentaire santé prévoit huit heures d’aide à domicile pour accompagner sa sortie d’hospitalisation. L’Assurance retraite finance partiellement des heures d’aide à domicile, mais son reste à charge est trop important par rapport au montant de sa pension de retraite. Notre action sociale, que Marie a sollicitée, a donc pris en charge le solde de ses factures pendant les six mois de sa convalescence. Comme vous pouvez le constater, nos aides sont très concrètes et interviennent dans des situations très différentes. En 2025, nous avons ainsi pu aider financièrement 6 600 personnes, ce qui représentait un montant total de 11 millions d’euros.

Comment détectons-nous les personnes qui ont besoin d’un accompagnement ? Est-ce qu’elles nous sollicitent ou existe-t-il des dispositifs de repérage ?

Laetitia : Je dirais les deux. Les personnes qui ont besoin d’un accompagnement nous contactent de trois façons différentes. Certaines découvrent notre action sociale à travers nos communications, comme ce podcast. D’autres la découvrent à travers leur entreprise ou leur branche professionnelle, ce qui génère des prises de contact directes. Par ailleurs, lorsqu’un collaborateur du groupe est en contact avec un client, qu’il s’agisse d’une branche, d’une entreprise, d’un travailleur indépendant, d’un actif ou d’un retraité, et qu’il identifie une fragilité ou un besoin spécifique, il l’oriente vers les équipes de l’action sociale. En parallèle, nous nous appuyons également sur un réseau d’acteurs locaux qui détectent les besoins, transmettent de l’information et nous mettent en relation avec les personnes concernées. Je pense notamment aux centres communaux d’action sociale, les CCAS, aux collectivités territoriales et aux associations présentes sur l’ensemble du territoire.

Comment l’action sociale s’adapte-t-elle au vieillissement de la population et à la multiplication des situations de dépendance ?

Laetitia : L’action sociale exerce une veille constante sur les tendances sociétales et démographiques, ainsi que sur les besoins émergents auxquels, vous l’aurez compris, elle souhaite apporter des réponses concrètes et innovantes. J’ai la grande chance de manager 200 collaborateurs très investis, qui exercent des métiers porteurs de sens auxquels ils sont très attachés. Je pense notamment aux conseillers sociaux, qui écoutent, conseillent et orientent les clients, que nous appelons d’ailleurs des bénéficiaires. Ils constituent notre première vigie concernant les besoins et les fragilités. En parallèle, plus de 80 collaborateurs sont présents dans chaque région et analysent les besoins spécifiques de leur territoire. Ils identifient les plus de 600 solutions innovantes que le groupe soutient chaque année à travers ses fonds sociaux.

Justement, quelles sont les actions concrètes développées par le groupe dans ces domaines ?

Laetitia : Le vieillissement de la population génère notamment deux phénomènes à appréhender d’un point de vue sociétal : la dépendance et la cohabitation de quatre générations, qui multiplient les situations d’interdépendance. Je vais vous donner un exemple concret. En 2025, nous avons financé, sur l’ensemble du territoire, 50 projets de rénovation et de modernisation d’EHPAD, de développement d’habitats inclusifs, participatifs et solidaires, ainsi que de lieux d’accueil et de répit permettant de rapprocher les familles et de soutenir les aidants. Le groupe y a consacré plus de neuf millions d’euros.

Comment l’action sociale intervient-elle auprès des entreprises et des salariés en matière de prévention santé ?

Laetitia : Nous considérons l’entreprise comme un lieu de vie à part entière, un lieu dans lequel les fragilités doivent également être prises en compte. Je vais l’illustrer à travers le sujet de la santé mentale. Notre action sociale finance un dispositif complet destiné à nos entreprises clientes, à leurs dirigeants et à leurs salariés. Ce dispositif repose sur deux éléments. Le premier est une ligne téléphonique disponible 7 jours sur 7 et 24 h sur 24, qui permet à chacun de confier, de manière confidentielle, à un professionnel de la santé mentale, ses préoccupations liées à son activité professionnelle ou à sa vie personnelle. Le deuxième volet du dispositif est l’intervention de psychologues qualifiés dans les locaux de l’entreprise en cas d’événement traumatique, d’accident, d’agression ou de décès brutal.

Et du côté des branches professionnelles ?

Laetitia : AG2R LA MONDIALE travaille en étroite collaboration avec les branches professionnelles pour coconstruire, avec les partenaires sociaux, des solutions adaptées aux besoins spécifiques de leurs adhérents.

Un petit mot sur les travailleurs indépendants : ont-ils des besoins ou des fragilités particulières par rapport aux salariés ?

Laetitia : Oui, les travailleurs indépendants ont des besoins et des fragilités spécifiques. L’autonomie, qui est souvent recherchée par les indépendants, peut, en contrepartie, s’accompagner d’un isolement plus important que celui que peut connaître un salarié. Ils sont souvent soumis au stress et à une forte emprise du travail sur leur vie privée. La réticence de certains indépendants à s’arrêter, afin d’éviter une perte de revenus, peut les amener à négliger leur santé, à ne pas consulter un médecin ou à ne pas respecter la durée d’un arrêt de travail. Au-delà de nos solutions assurantielles spécifiques, notamment en matière de prévoyance et de retraite supplémentaire, nous proposons également aux indépendants des programmes de prévention adaptés. Nous sommes présents pour les accompagner face à la complexité des dispositifs, pour les écouter, les conseiller et les orienter vers l’ensemble des aides existantes, qu’elles soient publiques ou adossées à nos contrats de santé et de prévoyance. Nos experts peuvent accorder des aides financières individuelles en complément des prestations légales, notamment lorsqu’il existe un reste à charge important en matière de santé ou des frais liés à une incapacité de travail. Nous pouvons aussi envisager avec eux des aides à la reprise d’activité ou à la reconversion, le cas échéant.

Découvrez l’action sociale d’AG2R LA MONDIALE à travers ses missions, services et activités.

Pair-aidance : la force de ceux qui sont passés par là

Accompagner un proche malade, âgé ou en situation de handicap est une expérience qui isole autant qu'elle transforme. La pair-aidance entre aidants propose une autre voie : celle du partage d'expérience entre personnes qui vivent ou ont vécu la même réalité.

Publié le 23 octobre 2026 # Action sociale

L'essentiel

  • La pair-aidance entre aidants repose sur un principe simple : ceux qui ont traversé l'expérience de l'aidance peuvent, en la partageant, aider d'autres aidants à mieux la traverser à leur tour.
  • Pour les travailleurs indépendants, l'aidance cumule deux contraintes rarement séparées : la charge humaine de l'accompagnement d'un proche et la pression économique du maintien de l'activité. La pair-aidance répond aux deux.
  • Des dispositifs existent pour trouver ou devenir pair-aidant. AG2R LA MONDIALE accompagne ce mouvement en soutenant des partenaires spécialisés.

Être indépendant et aidant, c'est souvent faire face seul à une équation sans solution simple. D'un côté, un proche qui a besoin d'aide, qui mobilise du temps, de l'énergie, de l'attention, parfois vingt-quatre heures sur vingt-quatre. De l'autre, une activité professionnelle qui ne peut pas toujours attendre, des clients à servir, des échéances à tenir, des revenus qui dépendent directement de la capacité à travailler. Dans cette configuration, l'isolement s'installe vite. Et la solitude de l'aidant indépendant est souvent double : celle de l'aidance elle-même, et celle du chef d'entreprise qui gère seul. La pair-aidance entre aidants ouvre une autre perspective.

Ce qu'est la pair-aidance entre aidants

Le terme pair-aidance désigne une forme d'entraide entre personnes partageant une même expérience de vie. Dans le champ de l'aidance familiale, il s'agit de l'entraide entre proches aidants, c'est-à-dire entre personnes qui accompagnent ou ont accompagné un proche en perte d'autonomie, malade ou en situation de handicap. Ce qui fonde la relation, c'est la communauté d'expérience : le pair-aidant n'est ni un professionnel de santé, ni un travailleur social, mais quelqu'un qui a traversé une réalité semblable et qui, parce qu'il l'a traversée, peut offrir ce que les professionnels ne peuvent pas toujours donner : une compréhension de l'intérieur, des repères concrets, une présence qui ne juge pas.

Ce qui rend la pair-aidance spécifique, c'est le cheminement qu'elle suppose chez celui qui la pratique. Pour transformer une épreuve en ressource, il faut d'abord avoir pu prendre du recul sur son expérience, en tirer des enseignements, et avoir envie de les transmettre sans projeter son vécu sur celui de l'autre. Ce n'est pas une posture spontanée : c'est un apprentissage, souvent accompagné par des associations ou des dispositifs spécialisés. La pair-aidance peut prendre des formes très diverses : groupes d'entraide, lignes d'écoute, accompagnement individuel, communautés en ligne, lieux d'échanges au sein d'associations ou d'établissements de santé et de soins. AG2R LA MONDIALE soutient des partenaires qui développent ces dispositifs et oriente ses assurés vers eux.

Des bénéfices qui vont dans les deux sens

La pair-aidance n'est pas une relation à sens unique. Pour l'aidant accompagné, le premier bénéfice est de rompre l'isolement. Se retrouver face à quelqu'un qui a vécu la même chose, qui comprend sans qu'on ait besoin de tout expliquer, qui peut nommer des émotions que l'on n'arrivait pas à formuler, la culpabilité, la colère, le découragement, l'épuisement : c'est déjà un soulagement considérable. La pair-aidance permet aussi de retrouver confiance dans sa propre capacité à faire face, de gagner en autonomie, de bénéficier de repères très concrets sur les démarches, les dispositifs, les ressources disponibles. Elle aide également à mieux comprendre et accepter certaines émotions complexes que l'aidance génère, et que l'entourage immédiat ne sait pas toujours accueillir.

Pour le pair-aidant, les bénéfices sont tout aussi réels. Partager son expérience, c'est lui donner un sens qu'elle n'avait pas forcément sur le moment. C'est aussi se sentir utile, valoriser des compétences acquises dans la difficulté, recréer du lien social, s'engager dans quelque chose qui dépasse la sphère professionnelle. La réciprocité est au cœur du dispositif : ce n'est pas de l'aide descendante, c'est une relation entre égaux qui tirent chacun quelque chose de l'échange. Pour un travailleur indépendant, dont l'identité est souvent très liée à son activité, cette dimension peut avoir une résonance particulière : la pair-aidance offre une autre façon d'être acteur, une autre façon de contribuer.

La réalité spécifique de l'aidant indépendant

Pour un travailleur indépendant, devenir aidant soulève des questions que le cadre salarié résout en partie par des dispositifs collectifs. Le congé de proche aidant existe, mais sans employeur pour en organiser la couverture, la perte de revenus est souvent immédiate. L'Allocation Journalière du Proche Aidant, l'AJPA, permet de compenser partiellement cette perte : versée par la Caisse d’allocations familiales (CAF), elle s'élève à 66,64 euros par jour en 2026, dans la limite de 66 jours sur l'ensemble de la vie par proche aidé. Mais au-delà du volet financier, c'est l'organisation même de l'activité qui est mise sous pression. Les clients ne s'arrêtent pas d'avoir des besoins. Les échéances ne s'adaptent pas au rythme de l'aidance. Et la culpabilité, souvent, joue sur les deux tableaux à la fois.

C'est précisément dans ce contexte que la pair-aidance prend une valeur particulière pour les indépendants. Parler à quelqu'un qui a traversé la même expérience avec le même statut, qui a dû arbitrer entre un rendez-vous client et un rendez-vous médical, qui a réorganisé son activité sans filet, qui a géré la pression économique autant que la charge émotionnelle : c'est une forme de soutien que ni les professionnels de santé ni les proches ne peuvent toujours offrir. La pair-aidance entre indépendants aidants comble ce vide spécifique, en apportant des repères nés de la même réalité.

Une portée qui dépasse la relation individuelle

La pair-aidance entre aidants s'inscrit dans une reconnaissance plus large du savoir expérientiel. L'expérience accumulée dans l'accompagnement d'un proche n'est pas seulement une épreuve personnelle : c'est une forme de compétence, qui peut avoir de la valeur pour d'autres. Cette reconnaissance croissante du vécu comme ressource renforce les solidarités de proximité, lutte contre l'isolement, et redonne une visibilité et une utilité sociale à des expériences longtemps considérées uniquement sous l'angle de la difficulté.

Pour les travailleurs indépendants qui ont traversé l'aidance, cette dimension peut prendre un relief particulier à mesure que l'activité professionnelle se réduit ou s'arrête. L'expérience de l'aidance, si elle a été traversée et mise en perspective, devient alors quelque chose que l'on peut transmettre. C'est une façon de continuer à jouer un rôle actif, de maintenir un engagement dans une communauté, et de donner à une période difficile une suite qui fait sens. AG2R LA MONDIALE accompagne ce mouvement en soutenant des partenaires spécialisés dans le développement de la pair-aidance entre aidants.

Vous souhaitez bénéficier du soutien d'un pair-aidant ou vous engager vous-même dans la pair-aidance ? Rendez-vous sur votre espace personnel ou contactez votre conseiller AG2R LA MONDIALE pour accéder à la page services pair-aidance.

Prévoyance : les atouts du dispositif Madelin

En tant qu’indépendant, vous devez construire vous-même une partie de votre protection sociale complémentaire. Grâce au dispositif Madelin, vous pouvez renforcer votre couverture tout en bénéficiant d’un cadre fiscal incitatif.

Publié le 23 octobre 2026 # Prévoyance

Un arrêt maladie qui se prolonge, un accident qui vous empêche durablement d’exercer votre métier… Lorsque vos revenus dépendent directement de votre activité, une interruption peut rapidement fragiliser votre vie professionnelle et déséquilibrer le budget de votre foyer. À ces risques s’ajoute celui du décès, qui soulève un autre enjeu : préserver les ressources de vos proches face aux conséquences financières de votre disparition. La prévoyance permet précisément d’anticiper ces aléas et d’en limiter les effets.

Les régimes obligatoires apportent ainsi un premier niveau de protection. Mais les prestations versées, qui peuvent fortement varier selon votre statut et l’activité exercée, restent généralement insuffisantes pour compenser la perte de revenus. Par ailleurs, à la différence de nombreux salariés qui bénéficient d’un régime de prévoyance complémentaire mis en place par leur entreprise, les travailleurs non salariés (TNS) doivent eux-mêmes renforcer leur couverture à titre individuel. C’est dans cette perspective qu’a été conçu le dispositif Madelin, qui vise à favoriser l’accès des indépendants à des garanties adaptées, dans un cadre fiscal spécifique.

En quoi consiste le dispositif Madelin en prévoyance ?

Instauré par la loi Madelin de 1994, ce dispositif ne désigne pas une garantie particulière, mais un cadre applicable à certains contrats de protection sociale complémentaire souscrits par les TNS. Il concerne notamment les artisans, commerçants, professions libérales et certains dirigeants non salariés. L’adhésion reste facultative : vous choisissez librement de souscrire une prévoyance complémentaire et d’en définir les garanties. Si vous optez pour un contrat éligible au dispositif Madelin, celui-ci s’inscrit dans un cadre fiscal spécifique (voir plus loin).

Outre la prévoyance, le dispositif Madelin s’applique également à la complémentaire santé des indépendants, dont les cotisations peuvent bénéficier du même cadre fiscal (voir plus loin). En matière d’épargne retraite, les contrats Madelin ne sont plus proposés depuis le 1er octobre 2020, le PER individuel leur ayant succédé pour les nouvelles souscriptions. Les contrats déjà ouverts peuvent toutefois être conservés et alimentés, leurs versements restant déductibles dans les limites prévues pour l’épargne retraite.

En matière de prévoyance, plusieurs grands risques peuvent être couverts : la garantie arrêt de travail prévoit des indemnités journalières complémentaires afin de compenser une partie de votre perte de revenus, la garantie invalidité donne lieu au versement d’une rente pour maintenir votre niveau de revenus, et la garantie décès permet à votre conjoint ou à vos enfants de percevoir une rente destinée à préserver leurs ressources. Certaines formules prennent également en charge vos frais professionnels fixes en cas d’interruption de travail.

Quel cadre fiscal pour la prévoyance Madelin ?

L’une des spécificités du dispositif Madelin est d’ordre fiscal : les cotisations versées au titre de votre contrat de prévoyance peuvent être déduites de votre revenu professionnel imposable. Vous diminuez ainsi le montant retenu pour le calcul de votre impôt sur le revenu, dans la limite d’un plafond annuel.

Pour la prévoyance et la complémentaire santé, ce plafond est commun. Il correspond à 7 % du plafond annuel de la Sécurité sociale (Pass), auxquels s’ajoutent 3,75 % de votre bénéfice imposable. Le total ne peut toutefois pas dépasser 3 % de huit Pass. En 2026, le Pass étant fixé à 48 060 euros, le plafond maximal de déduction s’élève donc à 11 534 euros.

L’économie fiscale obtenue varie selon le montant de vos cotisations et votre niveau d’imposition. En contrepartie, les indemnités et rentes versées dans le cadre du contrat sont, selon leur nature, soumises à l’impôt.

Comment calculer votre plafond de déduction ? Vous déclarez un bénéfice imposable de 60 000 euros en 2026. Votre plafond de déduction au titre de la prévoyance et de la complémentaire santé Madelin s’établit donc à 7 % de 48 060 € + 3,75 % de 60 000 €, soit 5 614 €. Si vous versez 2 000 euros de cotisations éligibles au cours de l’année, vous pouvez alors déduire l’intégralité de cette somme de votre bénéfice imposable.

Pour bénéficier de cette déduction, vous devez notamment être à jour de vos cotisations obligatoires d’assurance maladie et de vieillesse et avoir souscrit un contrat éligible au dispositif. Il est recommandé de vérifier l’éligibilité de votre situation avec votre comptable.

Ce mécanisme s’applique aux TNS soumis à un régime réel d’imposition. Si vous relevez du régime de la micro-entreprise, vos charges sont prises en compte au moyen d’un abattement forfaitaire. Vos cotisations Madelin ne peuvent donc pas être déduites en plus de cet abattement.

Comment choisir une couverture adaptée à votre activité ?

Si l’intérêt fiscal du dispositif est certain, il ne doit pas à lui seul déterminer votre niveau de protection. Le choix de vos garanties doit avant tout reposer sur une analyse précise de vos besoins. Il convient tout d’abord d’évaluer l’écart entre les prestations de votre régime obligatoire et les ressources nécessaires pour préserver l’équilibre financier de votre foyer. Prenez également en compte les dépenses professionnelles que vous auriez à assumer pendant votre absence.

Au-delà du montant des prestations, les modalités du contrat méritent une lecture attentive. Ainsi, le délai de franchise — période précédant le début de l’indemnisation —, les conditions de prise en charge, la durée de versement ou encore les exclusions peuvent varier sensiblement d’une offre à l’autre. Une attention particulière doit enfin être portée aux conditions de reconnaissance de l’invalidité, qui peuvent avoir une incidence sur le niveau d’indemnisation.

Votre couverture doit donc être définie en fonction de votre situation actuelle, puis réévaluée lors de toute évolution majeure — hausse des revenus, changement d’activité, nouvelles charges, modification de votre situation familiale… L’objectif n’étant pas de multiplier les garanties, mais de choisir celles qui correspondent le mieux à vos besoins et aux enjeux propres à votre activité.

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Deuil : un soutien quand on ne peut pas s'arrêter

Faire face à la perte d'un proche sans mettre son activité à l'arrêt relève souvent du défi. Nous vous proposons un soutien psychologique et administratif personnalisé et gratuit.

Publié le 23 octobre 2026 # Services

La disparition d'un être cher est l'une des expériences les plus douloureuses de la vie. Elle bouleverse les repères, les équilibres familiaux et la faculté à se projeter dans l'avenir. La souffrance déborde souvent de la seule sphère émotionnelle : elle peut nourrir l'anxiété, perturber le sommeil, conduire à l'épuisement et faire naître une profonde solitude. Pour un travailleur indépendant, l'épreuve prend une dimension particulière. Sans employeur ni collègues pour prendre le relais, s'arrêter revient souvent à mettre son activité entre parenthèses, avec des conséquences directes sur ses clients et ses revenus. Beaucoup reprennent donc très vite, en portant seuls le poids de leur chagrin.

Sans employeur ni collègues pour prendre le relais, s'arrêter revient souvent à mettre son activité entre parenthèses.

La douleur de la perte peut également apparaître avant même le décès. Le « deuil blanc » désigne l'effacement progressif de la relation telle qu'elle existait avec un proche toujours vivant, notamment lorsque ses capacités cognitives et affectives sont altérées par une pathologie neurodégénérative, comme la maladie d'Alzheimer. L'entourage doit alors composer avec une présence devenue différente, tout en endossant parfois un rôle d'aidant éprouvant. Faite d'incertitude et de renoncements successifs, cette épreuve ambivalente est encore peu reconnue et accentue le sentiment d'isolement.

Dans l'un et l'autre cas, une multitude de contraintes s'ajoute à la charge émotionnelle. Lors du deuil blanc, les soins apportés au proche, l'organisation de sa prise en charge ou les démarches liées à la perte d'autonomie pèsent lourdement. Quand survient le décès, d'autres obligations prennent le relais : informer les organismes, organiser les obsèques, régler une succession. Autant de démarches qui exigent du temps et une disponibilité d'esprit que le deuil vient fragiliser, et qu'il faut mener tout en continuant à faire tourner son activité.

Un soutien sur mesure et accessible à tout moment

C'est dans cette perspective qu'AG2R LA MONDIALE a conçu, avec son partenaire Éléas, un service d'accompagnement dédié aux personnes endeuillées, associant soutien psychologique et assistance administrative. L'objectif : vous aider à mettre des mots sur ce que vous traversez, réduire votre isolement et alléger votre quotidien de façon très concrète.

Ce service est accessible gratuitement aux travailleurs indépendants titulaires d'un contrat AG2R Prévoyance ou Arpege Prévoyance. Pour savoir si c'est votre cas, vérifiez l'organisme assureur indiqué sur votre contrat ou dans votre espace client. Confidentiel et personnalisé, le service est accessible partout en France et à toute heure, grâce à une permanence assurée 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, ce qui permet d'y recourir en dehors de vos horaires d'activité, souvent chargés. Vous pouvez utiliser ses deux volets complémentaires ou l'un d'eux seulement, selon vos besoins.

Pour mettre en œuvre cet accompagnement, Éléas s'appuie sur vingt ans d'expertise dans les domaines de la santé mentale et de l'écoute psychologique, ainsi que sur un réseau de psychologues cliniciens formés au travail du deuil et d'assistantes sociales. Dès le premier échange, un professionnel évalue la situation afin de définir un parcours adapté, susceptible d'être ajusté au fil du temps.

Une aide psychologique et administrative adaptée à vos besoins

Le service de soutien psychologique prend la forme d'entretiens individuels, jusqu'à dix séances réparties sur douze mois. Ces rendez-vous constituent un espace privilégié pour exprimer vos émotions, prendre du recul sur ce que vous vivez et retrouver des points d'appui pour avancer, à votre rythme. Des ateliers thématiques collectifs, jusqu'à trois sessions réunissant huit participants au maximum, peuvent également vous être proposés : l'occasion d'échanger avec d'autres personnes confrontées à une expérience similaire et de rompre l'isolement.

Le service d'assistance administrative vous permet d'être accompagné par des conseillers spécialisés, qui recensent avec vous les formalités à accomplir et vous guident dans leur réalisation : déclarations auprès de l'état civil, du notaire, des caisses de retraite, de la banque ou des assurances ; préparation et vérification des dossiers de pension de réversion, de succession ou d'indemnisation ; orientation vers les interlocuteurs compétents et suivi des échéances. Un appui précieux quand le temps manque, d'autant que le non-respect de certains délais peut entraîner une perte de droits.

Le non-respect de certains délais peut entraîner une perte de droits.

Pendant toute la durée du parcours, une plateforme numérique sécurisée permet de prendre rendez-vous en ligne, de consulter des ressources pédagogiques, de communiquer par messagerie sécurisée avec son psychologue ou son conseiller référent et, pour le volet administratif, de déposer ses documents et de suivre l'avancement de ses démarches en temps réel. Ce service d'accompagnement et de prévention vous est proposé par l'action sociale d'AG2R LA MONDIALE.

Comment bénéficier du service ?

Depuis la France métropolitaine, appelez gratuitement le 0800 101 190, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Vous serez orienté vers le service de soutien psychologique ou d'assistance administrative, avant d'être mis en relation avec un psychologue ou une assistante sociale d'astreinte. Un formulaire de contact est également disponible en ligne. Dans les départements et régions d'outre-mer et les collectivités d'outre-mer, un QR code et un lien sécurisé permettent d'accéder au service par Internet, afin d'en garantir la gratuité. Attention ! Le nombre d'accompagnements est limité.