L'essentiel
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Depuis le 1er septembre 2026, le calcul de la pension de retraite de base tient compte du nombre d'enfants.
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Jusqu'à deux trimestres de majoration accordés au titre des enfants peuvent désormais être retenus pour accéder au dispositif de retraite anticipée pour carrière longue.
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Ces mesures concernent la retraite de base uniquement. Elles ne modifient pas la retraite complémentaire Agirc-Arrco, qui représente entre 35 et 45 % de la pension totale des salariées du privé.
Depuis plusieurs années, les pouvoirs publics cherchent à mieux prendre en compte l'impact de la parentalité sur les carrières professionnelles et, par ricochet, sur les droits à la retraite. C'est dans cette perspective que s'inscrivent les nouvelles dispositions entrées en vigueur le 1er septembre 2026, votées fin 2025 dans le cadre de la loi de financement de la Sécurité sociale. Elles visent, selon les termes du ministre du Travail Jean-Pierre Farandou, à « mieux reconnaître l'impact de la parentalité sur les carrières, améliorer les pensions des femmes et rendre le dispositif des carrières longues plus équitable ». Trois mesures distinctes, selon les situations, méritent d'être examinées une à une.
Mesure 1 : une pension calculée sur vos meilleures années
Jusqu'ici la pension de retraite du régime général et des régimes alignés était calculée sur la base du salaire annuel moyen des 25 meilleures années de carrière. Une règle identique pour tous, qui ne tenait pas compte du fait que les femmes ont statistiquement davantage d'années creusées par des congés, des temps partiels ou des interruptions liées à la maternité. Ces années-là entraient dans le calcul des 25, et pesaient inévitablement sur le résultat final.
La nouvelle règle corrige cela. Pour les retraites prenant effet à compter du 1er septembre 2026, le calcul s'effectuera sur les 24 meilleures années pour les mères ayant des majorations de trimestres au titre d'un enfant, et sur les 23 meilleures années à partir de deux enfants. Les années les moins bien rémunérées, souvent celles marquées par un congé maternité ou un temps partiel subi, peuvent ainsi sortir du calcul. Le salaire annuel moyen de référence augmente mécaniquement, et la pension avec lui. Le gouvernement estime que cette mesure permettra d'améliorer le montant de la pension pour plus d'une femme sur deux.
Les gains potentiels varient selon les profils. Pour une mère de deux enfants ayant connu deux années de salaires faibles, le gain peut atteindre 50 à 100 euros mensuels, soit entre 600 et 1 200 euros par an. En moyenne, la hausse est estimée à environ 1 % de la pension. Pour les carrières les plus hachées, celles qui ont cumulé plusieurs années difficiles, le gain peut monter jusqu'à 5 à 15 %. Des ordres de grandeur utiles pour se faire une idée, sans pour autant préjuger de sa situation personnelle.
Mesure 2 : un accès facilité à la retraite anticipée pour carrières longues
La deuxième mesure concerne le dispositif de retraite anticipée pour carrière longue, qui permet de partir avant l'âge légal lorsqu'on a commencé à cotiser tôt et que l'on justifie d'une durée de cotisation suffisante.
Jusqu'ici, les trimestres supplémentaires accordés au titre des enfants (appelés majorations de durée d'assurance ou trimestres MDA) n'étaient pas comptabilisés comme des trimestres cotisés pour l'accès à ce dispositif. Ils existaient, mais ne permettaient pas d'ouvrir la porte de la retraite anticipée. Cette mesure cible spécifiquement les mères, en raison des inégalités d’accès à ce dispositif qu’elle cherche à corriger.
À compter du 1er septembre 2026, jusqu'à deux de ces trimestres MDA pourront être retenus comme des périodes réputées cotisées, qu'ils soient issus de la maternité, de l'éducation, de l'adoption ou du congé parental. Pour les femmes dont l'accès à la carrière longue tient à quelques trimestres près, cela peut représenter jusqu'à deux ans de départ anticipé, sans décote sur la pension. Et puisque la retraite complémentaire Agirc-Arrco est versée sans abattement dès l’obtention de la retraite de base à taux plein, elle peut également être perçue jusqu’à deux ans plus tôt qu’initialement prévu, même si son montant, calculé sur les points acquis tout au long de la carrière, reste inchangé.
Ce qui change au 1er septembre 2026

Ce que ces mesures ne couvrent pas
Ces dispositions ne concernent que la retraite de base du régime général et des régimes alignés. La mesure sur les meilleures années ne modifie pas le calcul de la retraie complémentaire Agirc-Arrco, qui représente entre 35 et 45 % du montant total de la pension chez les salariées du privé. Celle-ci est calculée sur les points acquis tout au long de la carrière, en fonction des salaires cotisés, sans mécanisme correcteur équivalent. Le gain réel sur la pension totale est donc sensiblement inférieur à ce que les seuls chiffres de la retraite de base pourraient laisser croire. En revanche, la mesure sur les carrières longues a un effet indirect sur la retraite complémentaire : en permettant un départ à la retraite de base à taux plein jusqu’à deux ans plus tôt, elle permet également de percevoir la retraite complémentaire sans abattement à la même date, même si son montant resté calculé sur les droits acquis.
Ces mesures s'appliquent par ailleurs aux retraites liquidées à compter du 1er septembre 2026. Les femmes déjà à la retraite avant cette date ne bénéficieront pas d'une révision de leur pension. Enfin, si la mesure sur les meilleures années s’applique à tout parent bénéficiant de trimestre MDA, pères inclus, la mesure sur la carrière longue cible spécifiquement les mères, en raison des inégalités d’accès à ce dispositif qu’elle cherche à corriger.
Ce que vous devez faire
En principe, vous n'avez aucune démarche à effectuer. Les nouvelles règles sont intégrées automatiquement par les caisses de retraite pour toute liquidation intervenant à compter du 1er septembre 2026. En pratique, il reste fortement recommandé de vérifier votre relevé de situation individuelle sur le site info-retraite.fr, pour s'assurer que tous vos trimestres sont correctement pris en compte, notamment les trimestres MDA liés à vos enfants. Les erreurs et omissions dans les relevés de carrière sont plus fréquentes qu'on ne le croit, et peuvent avoir un impact direct sur le montant de votre pension ou sur votre accès au dispositif carrières longues. À l'approche de votre départ, un rendez-vous avec votre caisse de retraite ou un conseiller spécialisé peut s'avérer utile.
Trois questions à se poser avant son départ
- Ai-je bien tous mes trimestres MDA inscrits sur mon relevé de situation individuelle ?
- Si j'ai commencé à travailler tôt, les trimestres MDA me permettent-ils d'accéder au dispositif carrières longues ?
- Quel sera l'impact sur ma pension totale, retraite de base et complémentaire AGIRC-ARRCO comprises ?
Une étape dans un chantier plus large
Ces trois mesures reconnaissent, dans le droit, une réalité que les femmes vivent depuis longtemps dans les faits : la maternité a un coût sur la carrière, et ce coût se répercute sur la pension. C'est un progrès réel, dont les effets concrets, bien que modestes pour certains profils, méritent d'être connus et, le cas échéant, anticipés. L'écart de pension entre les hommes et les femmes, qui reste de 31 % en moyenne selon l'INSEE, ne se réduira pas par ces seules mesures. Il appellera des actions plus larges, portant sur la retraite complémentaire, la prise en compte des temps partiels subis et les inégalités salariales qui alimentent, tout au long de la vie active, les inégalités de pension. En attendant, ces nouvelles règles sont une raison concrète, pour toutes les femmes qui approchent de la retraite, de vérifier leur situation et de faire valoir leurs droits.
